Mai 1999, quart de finale à Marcel-Michelin. Castres arrive chez Montferrand, et Alain Gaillard n’arrive pas avec une tablette, des stats ou un PowerPoint : il arrive avec le cœur à nu. Quelques secondes avant le coup d’envoi, il lâche une phrase impossible… et un vestiaire entier comprend que ce match ne se jouera pas qu’avec les épaules.
Clermont, 1999 : l’odeur des grands jours… et des grandes peurs
Le décor, déjà, a ce goût particulier des matches à élimination directe : celui où tu as l’impression que l’air est plus lourd, que les crampons sonnent plus fort, et que chaque poignée de main ressemble à un contrat moral. Nous sommes le 16 mai 1999, en quart de finale du Championnat de France, au stade Marcel-Michelin. Castres Olympique se pointe chez l’ASM Montferrand avec cette énergie des équipes qu’on n’annonce pas toujours favorites… mais qu’on déteste jouer parce qu’elles n’ont pas de complexe et qu’elles mordent dans les mollets du destin.
Dans ces matches-là, tout le monde a un rôle. Les leaders font les durs. Les jeunes font semblant de ne pas trembler. Les anciens font semblant de ne pas se souvenir qu’ils ont déjà tremblé, eux aussi. Et l’entraîneur, lui, a une fenêtre minuscule : quelques minutes où il peut régler une dernière vis, pas sur la tactique… mais sur la température du groupe.
C’est là qu’entre Alain Gaillard. Et disons-le : il n’entre pas, il débarque. Pas pour réciter, pas pour faire joli, pas pour “coacher moderne”. Il vient pour planter un drapeau dans le vestiaire.
“Moi je veux mourir avec vous” : quand le rugby devient un film sans générique
Cette causerie, on la connaît parce qu’elle a circulé, recirculé, traversé les générations de vestiaires, comme une cassette VHS qu’on se prête en disant : “Regarde, ça c’est du vrai.” L’Équipe rappelle que la séquence est courte — 38 secondes — mais qu’elle résume à elle seule la mythologie des discours d’avant-match.
Et au milieu de cette séquence, il y a cette phrase. Celle qui fait rire nerveusement… avant de faire avaler sa salive : “Moi je veux mourir avec vous !”
On est d’accord : dit comme ça, aujourd’hui, tu appelles ça “une escalade émotionnelle”. En 1999, tu appelles ça… les trippes.
Ce qui est fascinant, c’est que Gaillard ne “surjoue” pas l’amour. Il le balance comme on balance une vérité. Pas l’amour Instagram, pas l’amour “cœur avec les doigts”. Un amour de rugby : brut, engagé, un peu cabossé, mais totalement aligné avec le moment. Le genre de phrase qui veut dire : je ne suis pas au-dessus de vous. Je suis dedans. Je prends ma part du risque.
C’est pour ça que cette causerie reste culte : parce qu’elle dit sans détour ce que beaucoup d’entraîneurs pensent sans oser l’avouer. Qu’un groupe, un vestiaire, parfois, c’est une famille temporaire. Une famille qui se fabrique en accéléré, dans la sueur, la peur, les bleus, et ce pacte tacite : “si ça tourne mal, on coule ensemble”
« Je suis peut être un connard, mais ce que je fais je le fais à fond ! «
« Moi si on meurt, je veux mourir avec vous… »
Crédits : Canal + (Souvenir en mêlée), Castres Olympique | Alain Gaillard
Le romantisme version mêlée fermée : Gaillard, ou l’art de parler au banc
Le plus drôle (et le plus efficace), c’est que Gaillard n’est pas en train de faire un slam pour le plaisir. Son discours a un objectif très clair : mettre ses joueurs dans un état second. Il ne cherche pas à convaincre par la logique ; il cherche à rendre l’idée de renoncer… socialement impossible dans le groupe.
Et là, on touche à un truc très “rugby” : le sport où tu peux parfois ne plus avoir de jambes, mais où tu continues parce que tu n’as pas envie de lâché les autres. Gaillard appuie exactement là-dessus. Il transforme le match en promesse. Et une promesse, ça pèse plus lourd qu’un tableau de stats.
L’Équipe l’a raconté ailleurs, Gaillard assumait pleinement ce registre : il disait aux joueurs qu’il les aimait. Et oui, dans le rugby français, c’est une phrase qui peut sortir… sans musique derrière, et sans qu’on appelle un médiateur.
Le match : des mots au combat, et un score qui sent la tragédie sportive
Après les mots, il y a toujours le moment où le réel vient demander : “ok, c’était beau, maintenant tu fais quoi avec ça ?”
Et ce jour-là, le réel répond : Montferrand 36 – Castres 31. Un match serré, disputé, où Castres tombe… mais tombe debout, en étant dans le match jusqu’au bout.
On peut voir ça comme une frustration : une causerie mythique, mais pas de qualification. Sauf que c’est précisément ce qui rend l’histoire encore plus “L’Écho Sportif” : les grands mots ne garantissent pas la victoire. Ils garantissent autre chose, parfois plus rare : une trace.
Et puis, il faut replacer : cette saison-là, c’est Toulouse qui sera champion, et Montferrand finira (encore) finaliste malheureux…
Pourquoi cette causerie nous hante encore
Parce qu’elle vient d’une époque où les vestiaires et bord de terrain accueillaient tout juste les premières caméras. Parce qu’elle est à la fois sublime et un peu gênante, comme une déclaration d’amour trop sincère.
Parce qu’elle rappelle un truc simple : le sport, ce n’est pas seulement une partition tactique. C’est aussi un endroit où des adultes acceptent d’être vulnérables, ensemble, pour essayer de faire un truc plus grand qu’eux.
Et surtout parce qu’elle dit un truc qu’on oublie à force de “performances”, de “process” et de “zones d’efficacité” : dans les moments chauds, une équipe ne se tient pas uniquement avec des jambes. Elle se tient avec un fil invisible. Gaillard, ce jour-là, a attrapé ce fil à mains nues.
Le 20e siècle était peut-être “définitivement une autre époque”. Mais parfois… ça fait du bien d’aller y prendre une lampée de grand cru. Juste pour se rappeler que le rugby parle toutes les langues — y compris celle où “je vous aime” se dit en criant.
Tu aimes ce moment? Porte-le!
-
T-shirt Unisexe épais – Bio | Je crois qu'après avoir vu ça…
31,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
T-shirt Unisexe léger – Bio – Second Poteau Pavaaard !
29,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
T-shirt Unisexe léger – Bio – Ronaldinho machin chouette…
29,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
T-shirt Unisexe léger – Bio | "Brésil ou pas" | Soft
29,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
T-shirt Unisexe léger – Bio | "Messi He has Ze ball"
29,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
T-shirt Unisexe léger – Bio | "Vous avez peur de quoi? Vous avez peur de qui?"
29,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit
Entre dans la légende! Visite la boutique
-
T-shirt Unisexe épais Bio – Vincent – "Je m'excuse ! "
29,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
T-shirt Unisexe épais – Bio | Je crois qu'après avoir vu ça…
31,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
T-shirt Unisexe léger – Bio | "Pédale mon con"
24,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
T-shirt Unisexe léger – Bio | "Tu vas faire quoi aux JO ?"
29,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
Mug | "Second poteau Pavaaard"
13,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
Mug | "Donne-moi ton short"
13,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit





























