Parc des Princes, 17 novembre 1993. La France a un pied aux États-Unis… et l’autre sur une peau de banane. Dix secondes à tenir, un dernier ballon à “garder”, et tout un pays qui comprend d’un coup que le football peut être un sport d’horloger…
Avant le match : l’Amérique dans les enceintes, la peur dans les mollets
Ce soir-là, l’équation paraît presque confortable : un nul suffit. Pas besoin d’héroïsme, pas besoin d’épopée, juste… ne pas faire n’importe quoi. Sauf que quand une nation entière te regarde “ne pas faire n’importe quoi”, ça devient étrangement compliqué.
Dans les travées du Parc, on est déjà en train de plier les valises pour le Mondial 1994. La campagne de qualification a été poussive, grise, parfois inquiétante — et surtout marquée par un traumatisme encore chaud : la défaite contre Israël un mois plus tôt, le genre de soirée où tu sors en te demandant si le football n’est pas un complot cosmique contre les optimistes. À l’époque, Gérard Houllier le dit à sa manière : après avoir laissé filer la qualif contre Israël, “on passerait pour des cons” si on se rate encore. L’ambiance est posée : ce n’est pas une soirée “pop-corn”, c’est une soirée “tension artérielle”.
Et dans ce contexte, le match contre la Bulgarie n’est pas juste une rencontre : c’est une porte. Tu l’ouvres, tu files aux États-Unis. Tu la rates… et tu restes sur le palier avec ton manteau et ta dignité froissée.
Le match : Cantona allume, le Parc se crispe
Sur le terrain, les Bleus jouent comme une équipe qui connaît la sanction : pas le droit à l’erreur, donc forcément… l’erreur n’est jamais loin. C’est haché, c’est nerveux, ça tremble parfois dans la passe la plus simple. Mais au cœur de ce marasme, il y a quand même une étincelle : Éric Cantona.
À la 32e minute, Cantona claque un but qui ressemble à une gifle donnée à l’angoisse : enfin, on respire. Le Parc se dit que ça y est, on tient le fil, on va dérouler, on va gérer comme des adultes responsables. Sauf que la gestion, ce soir-là, a la durée de vie d’un verre d’eau dans le désert.
À la 37e, la Bulgarie égalise. Et ce 1-1, au lieu de calmer tout le monde, installe une espèce de panique froide. Une sensation bizarre : la qualification est encore là, mathématiquement. Mais psychologiquement, elle commence déjà à reculer dans le couloir.
Le match avance, minute après minute, comme un film où tu sais qu’il y a un jump-scare à la fin. Les Bleus ne dominent pas, ils survivent. Les Bulgares, eux, sentent l’odeur du stress : c’est le parfum préféré des outsiders.
« Et but. […] C’est la fin ! But de Kostadinov ! à dix secondes… dix secondes […] «
« Oh la la la la la la… »
« C’est la mise à mort ! «
Les dix secondes : la contre-attaque qui a renversé une génération
89e minute. On s’approche du coup de sifflet final. La France est qualifiée. Pas brillante, pas flamboyante, mais qualifiée. Et là, arrive ce qui devrait être le scénario le plus banal du monde : un dernier coup franc dans le camp bulgare. Le genre de ballon que tu peux gérer de mille façons… sauf celle qui déclenche une tragédie grecque.
Le ballon est joué, puis centré. Et dans les commentaires, tu entends la bascule en direct, comme un plancher qui craque sous les pieds :
Jean-Michel Larqué rappelle qu’on est “dans les dix secondes”. Thierry Roland annonce le centre. Et soudain : interception, une passe longue, alerte rouge.
La Bulgarie part en contre. Penev sert, et Emil Kostadinov surgit. Frappe. Filet.
Au Parc, le temps se dédouble : d’un côté le ballon est déjà dedans, de l’autre ton cerveau refuse de valider l’information.
Et là, la télévision française capture une phrase qui va devenir une cicatrice nationale. Thierry Roland, la voix cassée, lâche :
“C’est la mise à mort.”
Ce n’est pas qu’une métaphore. C’est un diagnostic. En trois mots, il raconte ce que tout le monde voit : l’équipe de France vient de se faire tuer sportivement… par le chrono.
Crédits : TF1 | Thierry Roland, Jean-Michel Larqué
La “mise à mort” au micro : Roland & Larqué, les témoins impuissants
Le plus cruel, dans ce but, ce n’est pas seulement qu’il élimine les Bleus. C’est qu’il le fait à l’instant précis où personne n’a le temps de comprendre. Dix secondes, c’est trop court pour refaire le match, trop court pour trouver un responsable, trop court même pour pleurer correctement. Dix secondes, c’est la vitesse de la catastrophe.
Ce soir-là, le commentaire n’est pas un accessoire. Il est un miroir. Roland et Larqué ne surjouent rien : ils vivent le choc avec le pays. On n’est pas dans la punchline préparée ; on est dans la sidération brute, celle qui laisse des phrases simples, tranchantes, impossibles à oublier.
Dans un monde où les conférences de presse sont pleines de “on va travailler”, “on va se remettre au boulot” et “on assume”, cette séquence-là est l’inverse : c’est l’instant où la vérité déborde.
Le lendemain : chercher un coupable, trouver un visage
Après le sifflet final, la France ne va pas seulement digérer une défaite. Elle va digérer un besoin humain : désigner quelqu’un. Parce qu’un drame, c’est insupportable quand c’est collectif. Il faut un nom, un geste, une image à épingler au mur.
Et ce rôle-là, l’histoire le confiera à David Ginola, sur l’action du dernier ballon. Houllier, dans la foulée, sort une phrase qui fera le tour du pays, violente comme une condamnation : il parle d’un “crime contre l’équipe”.
Ginola devient le coupable idéal. Le football français, ce soir-là, découvre que l’on peut porter une nation sur ses épaules…
Mais la vérité, c’est que ce but n’appartient à personne. Il appartient à un match entier de crispation, à une qualification jouée comme si la peur était une tactique, à une équipe qui n’a jamais réussi à transformer l’obligation en liberté.
Pourquoi ce but reste un traumatisme… et une fondation
Paradoxalement, ce soir de 1993 est aussi un début. Parce qu’il y a des défaites qui ne te brisent pas : elles te reprogramment. Elles t’obligent à remettre à plat ta façon de construire, de former, de gérer la pression, de vivre les matchs “à ne pas perdre”.
Cinq ans plus tard, la France gagnera la Coupe du monde 1998. On ne va pas faire comme si 1993 expliquait tout — l’histoire est plus complexe que ça, et heureusement. Mais ce qui est sûr, c’est que le football français a longtemps porté ce souvenir comme un avertissement.
Et c’est aussi pour ça que la phrase de Roland frappe encore : parce qu’elle ne parle pas seulement d’un but. Elle parle d’un instant où un pays entier s’est senti vulnérable, pris au piège, puni.
Le football est cruel, oui. Mais il a une particularité : il transforme ses douleurs en mythologie. Et dans cette mythologie française, Kostadinov est un nom qui sonne encore comme une porte qui claque !
Tu aimes ce moment? Porte-le!
-
T-shirt Unisexe épais – Bio | Je crois qu'après avoir vu ça…
31,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
T-shirt Unisexe léger – Bio – Second Poteau Pavaaard !
29,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
T-shirt Unisexe léger – Bio – Ronaldinho machin chouette…
29,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
T-shirt Unisexe léger – Bio | "Brésil ou pas" | Soft
29,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
T-shirt Unisexe léger – Bio | "Messi He has Ze ball"
29,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
T-shirt Unisexe léger – Bio | "Vous avez peur de quoi? Vous avez peur de qui?"
29,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit
Entre dans la légende! Visite la boutique
-
T-shirt Unisexe épais Bio – Vincent – "Je m'excuse ! "
29,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
T-shirt Unisexe épais – Bio | Je crois qu'après avoir vu ça…
31,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
T-shirt Unisexe léger – Bio | "Pédale mon con"
24,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
T-shirt Unisexe léger – Bio | "Tu vas faire quoi aux JO ?"
29,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
Mug | "Second poteau Pavaaard"
13,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit -
Mug | "Donne-moi ton short"
13,90 €Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit




























