Yeosu, juillet 2019. Dans l’eau libre, la France collectionne l’argent… et Philippe Lucas collectionne les vérités qui piquent. Avant le dernier plongeon, l’entraîneur sort une causerie mi-tendresse mi-gravier : “belles choses” oui, “grandes choses” pas encore. Et soudain, tout le monde nage plus droit.
Yeosu, Corée du Sud : l’eau, la pluie… et la pression qui s’invite à table
Jeudi 18 juillet 2019. Yeosu. Rien que le nom sonne comme un mouvement de nage inventé par un kiné sadique. Les Championnats du monde en eau libre touchent à leur fin, et la France est déjà en train de réussir un truc rare : être là, partout, tout le temps… sans encore décrocher l’or.
Le bilan provisoire a de quoi faire sourire un pays entier : trois médailles d’argent sur les premières épreuves, une régularité qui ressemble à une signature. Mais l’eau libre, c’est un sport où l’on peut être “solide” et finir quand même avec la sensation d’avoir oublié quelque chose au fond du sac : la qualification, le titre, le petit détail qui transforme une belle histoire en grande histoire.
Et il y a un caillou dans la chaussure-palme du clan bleu : Aurélie Muller. Une championne au CV lourd, au cœur encore plus lourd, et une histoire olympique compliquée. À Yeosu, sur le 10 km, elle manque la place qualificative pour Tokyo pour… un dixième. Un rien qui fait un bruit énorme. Puis elle se remobilise et va chercher l’argent sur 5 km : preuve que l’athlète est bien là, même quand le destin fait son intéressant.
À la veille des deux dernières épreuves (les 25 km hommes et femmes), la France peut encore viser un symbole : terminer meilleure nation. Et là, dans ce sport où l’on parle souvent “gestion” et “stratégie”, arrive le moment où on parle plutôt mental, orgueil, héritage… bref : le terrain préféré de Philippe Lucas.
Lucas entre dans la pièce : pas un discours, un électrocardiogramme
Philippe Lucas, c’est ce mélange très français : un côté bûcheron-poète, un côté prof de maths qui te rend ta copie en disant “bien… mais non”, et un côté chef de meute qui rappelle à tout le monde que le monde ne doit rien à personne. Il ne fait pas du miel. Il fait du vrai.
La causerie commence comme un rappel de contexte : oui, vous avez déjà fait des podiums. Oui, c’est rare. Oui, les autres nations galèrent aussi. Et puis Lucas pose la phrase qui reste coincée dans la gorge (parce qu’elle est juste) :
« Vous avez fait des belles choses. Pas des grandes choses. Des belles choses. »
C’est du Lucas pur jus : ce n’est pas une gifle, c’est un réglage. Il ne dévalorise pas : il recadre la définition du succès. Il dit : “Vous avez prouvé que vous étiez forts. Maintenant, prouvez que vous pouvez être immenses.”
Et comme il sait que la pression est un animal qui se nourrit de non-dits, il lâche l’aveu que tout le monde connaît déjà :
“On ne vous met pas la pression.”
Puis, presque sans respirer : “Si, on vous met la pression.”
Pas pour écraser. Pour éveiller. Parce que c’est un championnat du monde, pas une sortie club du dimanche matin.
Et au milieu de tout ça, Lucas glisse l’essentiel : vous nagez pour vous… mais vous nagez aussi pour Aurélie. Pour ce qu’elle a porté, déclenché, incarné. Pour qu’elle puisse finir sur une image digne d’elle : soulever avec l’équipe un trophée collectif, comme un “merci” tangible, un dernier point final qui ne ressemble pas à une punition.
Ce n’est pas sentimental. C’est humain. Et dans un sport d’endurance où la douleur parle toutes les langues, l’humain est souvent la seule traduction qui tient jusqu’au bout.
« Vous, vous avez fait des belles choses. Pas des grandes choses. Des belles choses. »
La veille d’un 25 km : quand “belles choses” devient un plan de bataille
Le 25 km, c’est l’épreuve qui remet l’ego à sa place. Cinq heures de nage, parfois dans des conditions qui ressemblent à une mauvaise blague météorologique. Ce n’est plus “être bon”. C’est être très, très bon (Lucas insiste là-dessus, évidemment). Et surtout : être bon quand le cerveau commence à négocier des clauses de sortie.
Chez Lucas, tout passe par les mots, mais les mots servent à une chose : faire agir. Son discours n’est pas une poésie de vestiaire : c’est une feuille de route émotionnelle.
- Axel Reymond : défendre un titre mondial, assumer un statut.
- Marc-Antoine Olivier : transformer le potentiel en résultat sur la grande distance.
- Lara Grangeon : se rappeler qu’elle peut jouer devant, pas juste participer.
- Lisa Pou : l’outsider fiable, la combattante qui “ne déçoit pas dans les grandes compétitions”.
Lucas sait un truc que beaucoup oublient : l’eau libre, c’est une guerre de rôles. Et il s’adresse à chacun comme on règle un instrument avant un concert : pas pour faire joli, pour que ça sonne juste au moment où la symphonie commence.
Crédits : FFN | Philippe Lucas
Le lendemain : l’or au bout de cinq heures… et la France au bout d’elle-même
Et puis Lucas a eu ce qu’on appelle, dans le jargon, “le pif”. Parce que le lendemain, c’est exactement le scénario qu’il avait dessiné au marqueur.
Axel Reymond va chercher l’or sur 25 km, après près de cinq heures d’effort, dans des conditions décrites comme coriaces (vagues, vent, pluie… le pack “Corée du Sud : version épique”).
Le même jour, côté femmes, Lara Grangeon décroche une médaille de bronze sur 25 km, tandis que Lisa Pou finit juste derrière, au pied du podium, dans cette zone ingrate où tu es héroïque mais sans la photo du podium.
Et voilà comment un groupe qui avait empilé “des belles choses” finit par fabriquer une grande chose : un final collectif qui donne du sens à tout ce qui a précédé. Dans l’histoire, on retient la médaille d’or, évidemment. Mais l’eau libre, c’est aussi l’art de gagner en équipe, même quand tu nages seul.
“Pas des grandes choses” : la phrase qui vaut une leçon de sport (et de vie)
Pourquoi cette punchline Lucasienne reste ? Parce qu’elle fait un truc rare : elle évite les deux pièges classiques. Le piège du “c’est super, bravo les gars” (qui endort). Le piège du “vous êtes nuls” (qui casse).
Lucas marche sur la ligne parfaite : reconnaître sans satisfaire, pousser sans humilier. “Belles choses” : c’est le respect. “Pas des grandes” : c’est l’ambition. Et la répétition finale — “des belles choses” — c’est le lien : je vous estime, donc je vous exige.
Et c’est peut-être ça, le truc le plus drôle dans l’histoire : Philippe Lucas a la réputation du coach qui cogne… alors que là, il est surtout en train de faire du management de haute précision. Il te met la pression, oui. Mais il te la met au bon endroit : sur l’engagement, sur le collectif, sur la capacité à refaire, encore, quand le corps ne veut plus.
Et quand tu vois derrière le résultat, tu comprends que ce n’était pas une causerie pour la caméra. C’était une causerie pour l’après, pour le moment où tu nages avec tes pensées, et où tes pensées ne sont pas toujours gentilles.
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